Chasseuse de fantômes

BD de Shawnelle et Shawneé GIBBS, illustrée par Emily CANNON

- Je t'en prie, ne me juge pas à cause de ma famille...

Jungle, 2024, 224 p.
Jungle, 2024, 224 p.

Avoir un père chasseur de paranormal n`est pas tous les jours facile, surtout quand on intègre la bande des filles populaires de son lycée. Après la bêtise de trop, Chelsea est forcée de rejoindre l`entreprise de son père tout l`été. Très vite, elle est confrontée à un problème... ou plutôt à un garçon mystérieux, ce qui la pousse à prendre une décision : qui de son père ou des esprits choisira-t-elle ? Elle est loin de se douter que cette curieuse rencontre la révélera à elle-même.

 

(4e de couverture)

Mon avis :

On s'attache très vite à la jeune Chelsea qui, boursière dans une école privée, essaie de s'intégrer dans un groupe de filles riches et superficielles, trop contente de ne plus faire partie des "intouchables" ("Pour la première fois de ma vie, les gens m'appelaient par mon nom"). Même si elle ressent "le goût amer de la pression de groupe" qui fait faire des choses qu'on n'a pas envie de faire, la lycéenne se fait peu à peu reconnaître comme la fille sympathique et originale qu'elle est.

 

Originale, parce que son père est un chasseur (ou plutôt un "grilleur" de fantômes) qui a sa petite notoriété locale (nous sommes à la Nouvelle-Orléans, pays du vaudou), ce qui fait bien honte à Chelsea, d'autant que "son travail ne rapporte pas grand-chose" et ne permet pas à l'adolescente de se sentir à l'aise dans son groupe d'ami·es. L'aventure va cependant la faire adhérer à l'opinion de sa mère: "Ça le rend heureux, ce qui est une denrée rare".

 

Au manoir Harrington, chargé d'histoire... et de fantômes, Chelsea se rend compte qu'à la différence de son père, elle est capable de voir les manifestations surnaturelles à l’œil nu. Cette "sensibilité spirituelle hors norme" lui vient de sa grand-mère et va l'aider à démêler l'histoire familiale des Harrington, et plus précisément du séduisant Oliver, mort mystérieusement. Chelsea amène également à considérer les fantômes autrement: comme des êtres à sauver plutôt qu'à exterminer. Malheureusement, ce n'est pas toujours possible.

 

J'ai trouvé les scènes où apparaissent les fantômes très belles, même si j'ai apprécié le travail des couleurs tout au long de l'album. Nous sommes dans une bande dessinée mais les personnages affichent parfois des expressions manga venant accentuer le comique de certaines situations.

Et surtout, on n'est pas dans un récit uniquement fantastique: le thème de l'esclavage est au cœur de l'intrigue, la propriété étant autrefois une plantation de sucre. On découvrira toute la démarche d'Oliver pour lutter contre la discrimination raciale et ce côté historique, tout comme la petite touche sentimentale, fait de l'ensemble une lecture prenante.

Patricia Deschamps, avril 2025

voir la sélection "Fantômes"
voir la sélection "Fantômes"

Retrouvez Takalirsa sur Facebook, Babelio, Instagram  Youtube et Tik Tok

Making of d'une chronique